It’s a Hard Life for the Cognitariat How Lizzani’s 1964 Film Depicts Precarious Intellectual Labor

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Elisa Cuter

Abstract

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This article focuses on Carlo Lizzani’s 1964 film La vita agra (It’s a Hard Life), on the psychological and financial hardships of a freelance cultural worker in Milan during the “economic miracle”. Despite its being set in what has been considered the golden age of Fordist mode of production, I contend that the film is an important document about the precocious presence in public discourse of a figure that would have become typical of post-Fordist Western society and of the related sociopolitical analysis: that of the cognitariat (a term that blends the words cognitive and proletariat and refers to precarious cultural workers). Analyzing and contextualizing the film, I suggest that, focusing on a precarious intellectual subject, it shows how the rise of this professional profile incarnates one key contradiction of the capitalist mode of production, because intellectual labor could never really benefit from the pact between capital and labor. This has two contradictory consequences, both observable in the film. On the one hand, the cognitariat could be the social category endowed with the necessary means to expresses the most radical critique to capitalism, and to bridge two categories that had been previously seen as mutually exclusive: the working class (whose labor was in those years becoming more connected to cognitive tasks) and the intellectuals (who were themselves undergoing a process of proletarianization). On the other hand, the precarious life of cognitive workers can lead to a feeling of misplacement in society, depression, isolation, and political impotence.


Keywords


Carlo Lizzani, Italian Cinema, Operaism, Cognitariat, Precariat


 


Résumé


Cet article se concentre sur le film de Carlo Lizzani La vita agra (It’s a Hard Life, 1964), qui traite des difficultés psychologiques et financières d’un employé en freelance dans le milieu culturel de Milan pendant le « miracle économique ». Même si le film se passe pendant ce qui est considéré comme l’âge d’or du Fordisme, l’article postule que le film est un document de la présence précoce dans le discours public d’une figure qui deviendra typique des sociétés occidentales post-fordistes et des analyses socio-politiques qui lui sont liées, la figure du « cognitariat » (un terme qui mêle les mots « cognitif » et « prolétariat » pour désigner les travailleurs précaires de la culture). En analysant le film en contexte et en se concentrant sur l’intellectuel précaire, l’article suggère que l’essor de ce profil professionnel incarne une contradiction majeure du mode de production capitaliste parce que le travail intellectuel ne pourra jamais bénéficier du pacte entre capital et travail. Il y a deux conséquences contradictoires, visibles dans le film. En premier lieu, le cognitariat pourrait être la catégorie professionnelle qui possède les moyens nécessaires pour mener une critique radicale du capitalisme, et pour faire le lien entre deux catégories perçues jusque là comme exclusives l’une de l’autre : la classe ouvrière (dont le travail était alors en train de devenir de plus en plus corrélé à des tâches cérébrales) et les intellectuels (qui étaient alors en train de commencer à se prolétariser). En second lieu, la vie précaire des travailleurs intellectuels peut amener à éprouver un sentiment de ne pas être à sa place dans la société, et peut mener à la dépression, l’isolement et l’impuissance politique.


Mots-clés


Carlo Lizzani, Cinema italien, Operaism, Cognitariat, Precariat

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